Le serpent et ses charmes.

19 Oct, 2022 | 0 commentaires

Introduction

La musique a beaucoup d’effets bénéfiques sur la nature, les animaux, mais aussi sur les humains. Qu’on l’écoute ou la pratique, en solo ou en groupe, celle-ci nous fait incontestablement du bien.

Elle permet au plus grand nombre « d’entendre » ce qu’il ne peut encore « voir ». Grâce à la musique, l’homme ressent davantage sa filiation avec les Dévas (l’intelligence de la nature). Cette prise de conscience marque une importante étape dans l’évolution de l’humanité.

Même les étoiles chantent. La musique a la capacité de nous entrainer dans sa danse et d’agir sur tout notre corps. Elle nous rappelle que nous avons « d’autres dimensions » et que nous ne faisons qu’un, car tous reliés « au grand tout ».

 

L’instrument de la semaine

µ Parmi les différents instruments anciens que nous avons déjà vus et entendus ensemble, celui d’aujourd’hui est de la même famille que la sacqueboute, c’est-à-dire, un instrument à vent, à embouchure. Il s’agit du Serpent, qui tire son nom de sa forme… serpentine ! Bien que de la famille des cuivres, le serpent est fait de deux parties en bois, évidées, collées et gainées de cuir, comme le cornet à bouquin. Il est percé de six trous et comporte, à son extrémité, un bocal métallique, sur lequel s’adapte l’embouchure souvent faite en ivoire ou en corne.

Cet instrument aurait été créé par Edmé GUILLAUME, chanoine d’ Auxerre, aux alentours de 1590. Il était utilisé à l’église pour soutenir tant le plain-chant que les parties en musique, mais aussi dans les ensembles à vent et fanfares militaires. Très répandu en France, son usage se perd à la fin du XIXe siècle où il est remplacé par le cor ou le tuba. Des clés lui ont été ajoutées vers 1800, ce qui a augmenté son étendue, en permettant à l’interprète de jouer des notes plus aiguës.

Maintenant que nous savons… de Marseille ☺☺☺. Pardonnez-moi, je n’ai pu m’empêcher cette tranche « d’humour pompier ». Nostalgie, quand tu nous tiens ! Je reprends : maintenant que nous savons presque tout sur le serpent, il est grand temps de l’entendre.

Commençons avec ces 7 minutes et 22 secondes de la sonata n° 1 Opus 20, extraite des « délices de la solitude » de Michel CORRETTE. Le serpentiste Patrick WIBART est accompagné d’un instrument que vous reconnaissez : le théorbe, joué par Romain FALIK. Grâce à Samuel DELAUNEY, voici maintenant en 2 minutes et 56 secondes, le 3è mouvement du « petit concerto pour deux serpents ».

C’est une performance unique au monde du célèbre bassoniste David WELLS. Il se « dédouble » pour nous interpréter (à 5 mn 55’’ de la vidéo) au serpent et en même temps… à l’octavin, une transcription du 8è duo pour cors de Wolfgang Amadeus MOZART. Chapeau l’artiste !!!

Dans mon billet de lundi dernier, Je vous ai promis l’explication de la présence de la phrase relative aux « Compositeurs-interprètes », dans la petite annonce de P.M.

« URGENT. Recherche solutions pour faire prospérer revendications légitimes sans se mettre à dos la population. Compositeurs-interprètes acceptés. Discrétion assurée. Faire propositions à P.M. Poste restante. Montreuil ».

Une parole donnée se doit d’être tenue. Monsieur P.M. a-t-il d’autres possibilités que la grève pour tenter de faire valoir ses revendications ? L’exemple de Joseph HAYDN pourrait lui inspirer une solution plus douce, la musique adoucissant les mœurs, c’est bien connu ☺.

Dans le chapitre « Je développe mon patrimoine spirituel » du numéro 64 des « Rendez-vous d’Hubert », pour présenter la 45e symphonie de Joseph HAYDN, j’ai expliqué son histoire. Elle est plus connue sous le nom de « symphonie des adieux », voici pourquoi.

Le prince Nicolas ESTERHAZY recevait beaucoup et très longtemps à son palais d’été, situé fort loin de son palais d’hivers où vivaient ses musiciens et leur chef, Haydn. Ceux-ci se plaignaient de rester longtemps loin de leur famille. Pour relayer cette demande, le compositeur a eu l’idée géniale d’écrire une symphonie « spéciale revendication ».

Le dernier mouvement de cette 45e symphonie prévoyait qu’après l’exécution de son solo, chaque musicien s’arrêtait de jouer, éteignait la bougie éclairant sa partition, puis quittait la salle avec son instrument. À la fin de ce dernier mouvement, « l’ami Jojo » se retrouva seul, face au prince. Celui-ci, comprenant le message, regagna son palais d’hiver… dès le lendemain, sans pour autant se fâcher avec Haydn et ses musiciens !!! Autres temps, autres mœurs !!!

« La musique met l’âme en harmonie avec tout ce qui existe »

(Oscar Wilde)

Chers lecteurs/téléspectateurs, je vous aime et vous salue.

Mots clés : Musique

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