Cultivons-nous, suite : enclosures numériques, quèsaco ?

27 Avr, 2021 | 0 commentaires

Poursuivons, chers lecteurs, notre culture. C’est encore le cas de le dire. En effet, nous avons abordé hier les obtentions végétales, qui permettent aux grands groupes de semenciers de faire main-basse sur la richesse commune que sont les semences anciennes.

Nous restons aujourd’hui « dans le même camp », toujours avec l’organisation GRAIN qui mène aussi un autre combat. Tout comme pour les semences, nos chers « merdias » semblent ne pas aimer « marcher dans la boue ». C’est certainement la raison pour laquelle ils ne nous informent pas sur « les enclosures numériques ».

Voilà une locution qui mérite d’être analysée. Pour ce qui est de numérique, pas de difficulté particulière pour définir ce mot.

C’est une autre paire de manches pour enclosure. Je dirais j’écrirais même que c’est une autre paire d’outre-Manche, car le mot enclosure nous vient tout droit … de Grande-Bretagne.

L’école normale supérieure de Lyon (ENS de Lyon) nous conte l’histoire des enclosures. Pour faire court, c’est un terme anglais désignant, au sens strict, une parcelle enclose d’un muret de pierres sèches ou d’une haie.

Jusque-là, tout est simple, mais trouver le rapport entre enclosure et numérique… il nous reste du chemin à faire. Heu reu se ment il ya Findus… Pardonnez-moi cette remontée de « culture pub », je n’ai pas pu me retenir. Je reprends.

Heureusement que l’ENS de Lyon, dans ses « Ressources de géographie pour les enseignants », nous précise que :

« Le « mouvement des enclosures » désigne la longue mutation du système agraire qui s’est produite en Angleterre au XVI et XVIIe siècle. Celui-ci est l’une des racines de la première révolution agraire et industrielle. Par analogie, il désigne toutes les dynamiques systématiques de privatisation des ressources collectives, pour leur soumission à une exploitation économique ».

Maintenant, nous sommes à même d’associer les ressources du numérique à la privatisation des terres et de traduire « les enclosures numériques » par l’accaparement des terres avec l’appui des technologies du numérique. CQFD ☺.

L’organisation GRAIN nous aide à mieux comprendre les mécanismes qui façonnent les systèmes alimentaires mondiaux et locaux ainsi que leur impact sur l’agriculture et la sécurité alimentaire. Elle nous explique en trois points et un schéma, comment fonctionne « l’enclosure numérique » :

  • Les technologies GPS, surtout accessibles aux grands groupes corporatifs, sont de plus en plus utilisées pour déterminer les droits fonciers.
  • Le cadastre numérique permet de modifier l’origine des terres et des productions, dissimulant ainsi le cycle de la dépossession.
  • La privatisation des terres ouvre droit à la transformation de la valeur socio-environnementale des terres et des ressources, en actifs financiers.

Tien tien, avez-vous remarqué que la banque mondiale est dans ce coup-là aussi ? Chers lecteurs, ne tombez pas dans l’excuse du complotisme… si facilement invoquée pour éluder les sujets qui fâchent. Observez, restez factuels et prenez bien conscience de ce qui se passe en ce moment. L’arbre Corona masque la forêt de la concentration de toutes les richesses de la planète.

« L’individu est handicapé de se retrouver face à une conspiration si monstrueuse qu’il ne peut croire qu’elle existe »

(John Edgard Hoover)

Chers lecteurs, je vous aime et vous salue.

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