Je vous ai récemment relaté le « bras de fer » qui opposait un restaurateur et son assureur en matière de garantie de sa perte d’exploitation, induite par la décision gouvernementale de confinement.

Dans le numéro 13 des « Rendez-vous d’Hubert », je vous explique le fonctionnement  et les logiques de l’assurance dommages. Cet article permet de comprendre pourquoi le combat des chefs d’entreprises et commerçants avec leurs assureurs est « perdu d’avance ». En effet, trop de personnes entrevoyant un risque s’empressent de le transférer à un assureur et croient, de façon totalement irresponsable : je suis couvert et, encore plus grave : « l’assureur paiera ».

Devant « l’émoi merdiatique » suscité par les « pôôôvres » assurés, face aux « méchants Z’assureurs », l’autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), organe de tutelle du monde assurantiel a envoyé des questionnaires à 21 organismes d’assurance qui représentent 1 134 690 assurés. Autant dire que cet échantillon est « représentatif ».

Il ressort des données recueillies que 93,3% des contrats ne garantissent pas l’évènement « COVID 19 ». Seuls 2,6% des contrats garantissent ce risque. Dans 4,1% des cas, la couverture d’assurance est considérée comme « incertaine ». Cela signifie que seulement quelques assurés arriveront à « sauver leur peau » et pourront être indemnisés. Nombreuses faillites à prévoir !!!

La lecture attentive de cette communication de l’ACPR me fait relever que celle-ci identifie une « faiblesse » dans la bonne gestion du risque par les assureurs : « Sur la base de cette analyse, l’ACPR a entrepris, avec les organismes concernés, de vérifier la bonne adéquation du niveau de provisions relatives à ces contrats couvrant explicitement ou possiblement le risque de pandémie » .

Cela n’est pas de bon augure quand, comme je vous en ai informé le 14 janvier 2020, les sociétés d’assurances ont déjà obtenu du gouvernement de « confisquer » à leur profit, la provision pour participation aux bénéfices (PPB), qui appartenait pourtant aux assurés.

« Réfléchir c’est difficile, c’est pourquoi la plupart des gens jugent »

(Carl Gustav Jung)