Procès des banquiers islandais : la forme prime toujours sur le fond

17 Juin, 2019 | 0 commentaires

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) est une juridiction auprès du Conseil de l’Europe. Elle est chargée de veiller au respect de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme (CESDH) et des libertés fondamentales.

Elle ne doit pas être confondue avec la cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui veille à ce que la législation de l’UE soit interprétée et appliquée de la même manière dans tous les pays de l’UE et qui garantit que les pays et les institutions de l’UE respectent la législation européenne.

Vous vous souvenez sans doute que la crise financière de 2008 a particulièrement touché l’Islande, cet état insulaire de près de 360 000 habitants est situé entre le Groenland et la Norvège. L’irresponsabilité des banquiers islandais a précipité le pays à une quasi-faillite. Contrairement à ce qu’ont fait tous les autres pays touchés par la crise, les Islandais ont laissé couler leurs banques et déprécié leur monnaie.

De plus, inédit au niveau mondial, La « Homes Association of Iceland » (Association d’intérêt public pour la protection des droits des ménages islandais) a déposé une plainte en 2015 contre tous les dirigeants de toutes les banques d’Islande, pour « fabrication de fausse monnaie ».

Dix ans après, nous pouvons constater que l’Islande a renoué avec une croissance forte. Élément essentiel du « miracle islandais », la possibilité pour ce pays, non membre de l’Union européenne, de déprécier sa monnaie. L’inflation a grimpé à 18,6 % en janvier 2009, pour revenir à un seuil de 1,6 % en mai 2015. Pour résumer la situation, « l’Islande a laissé ses banques faire faillite et jeté ses banquiers en prison ».

Quatre de ceux-ci ne se sont pas laissé faire et, estimant ne pas avoir bénéficié d’un jugement impartial, ont porté l’affaire devant la CEDH. Celle-ci, dans une décision n° 39757/15 du 4 juin 2019, condamne l’Islande « symboliquement ».

Si Islande doit leur verser 2.000 euros à chacun pour les frais de justice, les juges de la CEDH n’ont pas accordé de dommages financiers aux quatre anciens banquiers, estimant que la reconnaissance de la violation de l’impartialité d’un des juges qui les avait condamnés était suffisante.

En effet, les magistrats de la CEDH ont « relevé en particulier que l’un des juges de la Cour suprême avait un fils qui avait travaillé pour la banque des plaignants, à la fois avant et après son effondrement » et que par conséquent, ils considèrent que « les requérants pouvaient avoir eu une peur justifiée que ce juge ait manqué d’impartialité ».

C’est bien connu : le diable se cache toujours dans les détails et particulièrement en matière judiciaire.

 

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

LETTRE D’INFORMATION


DERNIERS BILLETS MIS EN LIGNE


Les experts du GIEC seraient-ils en lévitation ?

Les experts du GIEC seraient-ils en lévitation ?

L’article présente le GIEC comme une autorité reconnue sur le climat, tout en soulignant les controverses autour de ses travaux. Il met en avant les critiques du physicien nobélisé John Clauser, qui conteste la validité des modèles climatiques et l’existence d’une crise climatique, dénonçant des erreurs…

GUIDE DE SURVIE n° 27 du 21 avril 2026 Spiritualité

GUIDE DE SURVIE n° 27 du 21 avril 2026 Spiritualité

Ce numéro du guide analyse les tensions géopolitiques mondiales d’avril 2026 à travers le prisme d’une conscience accrue. Une large place est accordée au rôle de Léon XIV, le premier pape nord-américain. L’auteur critique la déconnexion de la société moderne et l’omniprésence des manipulations médiatiques, au profit des marchands du temple. Il invite les lecteurs à un recentrage intérieur et à l’utilisation de mantras personnels pour in…

Cartes de paiement : le Brésil se rebelle !

Cartes de paiement : le Brésil se rebelle !

L’article décrit un marché mondial des cartes de paiement dominé par trois acteurs américains, tous cotés en bourse et largement détenus par de grands fonds d’investissement. Il oppose à ce modèle privé, le système public brésilien Pix, créé par la Banque centrale du Brésil, gratuit, instantané et ma…

Ordre des médecins : rien ne va plus!

Ordre des médecins : rien ne va plus!

Un rapport de l’Inspection générale des finances révèle de graves irrégularités financières et de gouvernance au sein de l’Ordre des médecins de Paris, déjà critiqué depuis des années pour son opacité et son manque de rigueur. Entre dépenses injustifiées, pratiques contestées et élections annulées pour irrégularités, la situation alimente la défiance d’une par…

GUIDE DE SURVIE n° 27 du 21 avril 2026 Spiritualité

GUIDE DE SURVIE n° 26 du 7 avril 2026 Patrimoine

Ce numéro du guide analyse les répercussions de la guerre en Iran et du blocage du détroit d’Ormuz, prédisant une hyperinflation mondiale ainsi que le déclin imminent du dollar au profit du yuan. Il alerte également ses lecteurs sur les dangers de la Loi de programmation militaire, qui autorise l’État français à réquisitionner des biens et des personnes en cas de menace. Pour contrer ces risques, le guide préconise une…

Louer votre piscine pour arrondir vos fins de mois. Bonne idée, mais…

Louer votre piscine pour arrondir vos fins de mois. Bonne idée, mais…

Face aux difficultés économiques, certains cherchent à compléter leurs revenus, notamment via la location de biens comme des piscines avec des plateformes telles que Swimmy. Toutefois, malgré l’attrait de ces pratiques, tous les revenus générés doivent être déclarés et sont soumis à l’impôt et parfois à des cotisations sociales. L’administration fiscale, de plus en plus efficace, rend risquée…

SOCIAL