Prise de conscience

2 Avr, 2016 | 0 commentaires

Ce que l’on voit :

Le 11 mars 2011, suite à un tsunami qui frappe le Japon, la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi était gravement endommagée, provoquant de nombreux effets sur la nature et sur les populations environnantes. Le cinquième anniversaire de ce drame est l’occasion de revenir sur les conséquences de cette catastrophe.

Notre « bien nommé » institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN) publie le 10 mars 2016 un rapportindiquant que des rejets radioactifs de la centrale de Fukushima Daiichi sont toujours présents, du fait de la pollution des eaux souterraines. L’impact sur la santé, les travailleurs impliqués dans les opérations menées à la centrale a fait l’objet d’un suivi spécifique. Il en ressort « qu’au moins dix décès de travailleurs ont été enregistrés, parmi lesquels aucun n’est attribuable à une exposition aux rayonnements ionisants ». Comme c’est rassurant. Surtout quand on apprend que ce suivi des travailleurs est réalisé essentiellement par TEPCO, l’exploitant de la centrale nucléaire.

Plusieurs études épidémiologiques sont conduites par les autorités japonaises sur les habitants de la préfecture de Fukushima. Leurs conclusions sont tout aussi rassurantes « il n’y a pas d’évolution significative dans le temps concernant les statistiques relatives à la fonction thyroïdienne des enfants exposés, pas plus que des cancers de la thyroïde, ni des conséquences sur les femmes enceintes ». Au détour du rapport, on apprend que sur les 2 055 326 habitants de la préfecture de Fukushima, seules 564 083 personnes avaient répondu au questionnaire. Seulement 27,4%, est-ce suffisant pour une question de santé publique de cette importance ?

Vous n’êtes toujours pas convaincu que « tout va bien » et que cet « accident mineur » est sans conséquences importantes ? Lisez donc les 321 pages du rapport de l’UNSCEAR, autrement dit en français : le Comité Scientifique des Nations-Unies pour l’Étude des Effets des Rayonnement Ionisants. Vous y apprendrez, uniquement si vous lisez tout, que :

« Aucun décès, aucune maladie grave ayant un lien avec des radiations n’a été observé parmi les travailleurs et l’ensemble de la population à la suite de l’accident de Fukushima »

– « Aucune conséquence perceptible des radiations n’est à prévoir parmi le public exposé ou ses descendants ».

Vous n’allez tout de même pas mettre en doute le travail de plus de 80 « experts » de 18 pays qui a été approuvé par l’Assemblée Générale des Nations Unies fin 2013. Pensez donc, environ 150 « spécialistes » de 27 pays, et en présence d’observateurs d’organisations internationales comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de son Agence Internationale de Recherche sur le Cancer, ainsi que l’Organisation Mondiale de Météorologie(OMM). De plus, unnouveau rapport de l’UNSCEAR communiqué le 22 octobre 2015, confirme les conclusions de celui de 2013.
Vous doutez toujours ? J’ai compris, vous vous rangez du côté « des révolutionnaires » de Greenpeace  qui contredisent, évidemment, tout ce qui est écrit ci-dessus. Tiens tiens, Greenpeace ne serait pas le seul détracteur des thèses officielles ? Encore ma manie de chercher des sources apportant la contradiction aux discours officiels ? Mon cher Hubert, il va falloir penser « à rentrer dans le rang ».

Ce que l’on ne voit pas :

Les titres, les organismes prestigieux, les décorations…..Le paraitre quoi. Nous raffolons de tout ça en France. À cause de notre histoire sans doute. Le français a une propension à prendre pour la « pure vérité » ce qui est largement diffusé par les médias. Combien de fois ai-je entendu « si, si, ils l’ont dit à la télé ».

Il y a déjà plus de 29 ans, c’était fin avril 1986. Souvenez-vous du nuage radioactif de Tchernobyl qui s’était arrêté à la frontière française. Que de polémique autour des « supposées déclarations » du Professeur Pierre PELLERIN, alors directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI). C’est ce même SCPRI qui est devenu l’IRSN, ci-dessus cité dans l’affaire de Fukushima. Me voilà pleinement rassuré.

Une fois encore, la sagesse populaire s’exprime dans le proverbe « à quelque chose, malheur est bon». En effet, « en réaction contre la désinformation officielle » concernant le trajet exact du nuage radioactif, dès le 15 mai 1986, une centaine de personnes se réunissent près de Montélimar et fondent une association indépendante de l’état : la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD), qui va se doter d’un laboratoire spécialisé dans la mesure de la radioactivité et effectuer dès lors, ses propres mesures…..qui s’avèreront bien différentes de celles diffusées par le SCPRI.

Pour mes lecteurs intéressés, cet article très fouillé, marque de fabrique de MEDIAPART, en date du 4 mai 2011, vous en apprendra davantage sur la communication de l’époque concernant « le nuage radioactif ».

Dans un autre domaine, vous souvenez-vous de la fiole pleine de….RIEN, agitée devant les caméras de télévision du monde entier par l’ex-général Colin POWELL, devenu secrétaire d’État américain, lors du conseil de sécurité de l’ONU du 5 février 2003 ? Ce geste théâtral pour « prouver » l’emploi d’armes de destructions massives par Saddam HUSSEIN, le chef du pouvoir irakien de l’époque et ainsi justifier d’entrainer une partie du monde dans la guerre contre ce pays. Avec le recul, cette « histoire vraie » est plus rocambolesque qu’un mauvais scénario de film de fiction. Une des conséquences directes de cette guerre, l’afflux de « réfugiés » d’aujourd’hui en Europe et particulièrement en France, parmi lesquels « se cachent des terroristes »….. Puisque les grands médias vous le disent !!!

Le plus souvent possible, posons-nous ces questions simples autant qu’évidentes :

Dans cette affaire, qui y gagne ? Combien et qu’y gagne-t-il ? Comment le gagne-t-il ?

Allez…. « Une dernière, pour la route ». Le 28 avril 2015, un feu de forêt s’est déclaré dans la zone contaminée de Tchernobyl. Selon l’IRSN, encore lui, « il y aura des répercussions en France, mais sans impact sur la santé publique »….Chassez le naturel !!!

Et pour moi, ça change quoi ? :

Il est temps de prendre un peu de recul, de ne pas réagir sous le coup de l’émotion que savent si bien orchestrer les grandes chaines de télévision du monde entier, spécialistes de « l’information ». Sur l’exemple de Fukushima, de la guerre d’Irak ou de Charlie Hebdo, comme sur toute chose, est-il sain et raisonnable de croire aux discours des structures en place et aux médias mainstream qui leurs sont totalement inféodés ? Soyons honnête avec nous-mêmes, nous savons bien que non, mais « nous laissons faire » par commodité intellectuelle et par peur d’avoir à imaginer « d’autres solutions ».

Pourtant, plutôt que de nous lamenter sur notre sort, si quelque chose ne nous convient pas (ou plus), CHANGEONS-LE !!! « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire. C’est parce que nous n’osons pas les faire qu’elles sont difficiles », nous dit SÉNÈQUE, ce philosophe latin né à Cordoue (Córdoba) en l’an 4 avant J.-C. C’est sans doute aussi pour cela que j’aime tant cette belle capitale de Córdoba, l’une des huit provinces de ma chère Andalousie où il fait si bon vivre.

L’exemple de la naissance et de l’action de la CRIIRAD sont caractéristiques d’une prise de conscience individuelle. Des associations comme « les enfants de Tchernobyl » voient le jour pour venir en aide aux « non-victimes », puisque les autorités nous disent que tout va bien !!! TOUT peut (doit) changer, NOUS devons changer nous-mêmes et ne RIEN attendre des structures en place.

Pour être plus serein dans notre vie, il nous faut pleinement intégrer une des grandes lois universelles : l’impermanence des choses.

Un fait, agréable ou désagréable, vient de se produire…..il va disparaitre.

Il peut durer plus ou moins longtemps, mais il va disparaitre.

Cessons d’avoir peur de « la fin » de ce que nous connaissons.

Envisageons plutôt avec curiosité « le monde d’après ».

Sans aucun doute, « demain est le début de ma vie ».

La mort de la chenille ne donne-t-elle pas naissance aux papillons ?

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