Après la chasse aux niches fiscales, la chasse à la croissance

11 Sep, 2014 | 0 commentaires

Ce que l’on voit :

Quand nous parlons de croissance, il s’agit plus précisément, de la croissance économique qui est caractérisée par le produit intérieur brut (PIB) du pays.

Pour simplifier, le PIB vise à quantifier, pour un pays et une année donnée, la production de richesses totales effectuées par les agents économiques résidant à l’intérieur de ce territoire (ménages, entreprises, administrations publiques)

Son évolution est censée mesurer le taux de croissance économique du pays intéressé.

Notre ministre des finances, Michel SAPIN, a reconnu le 14 août dernier la panne de la croissance en France puisque le PIB ne devrait pas progresser de plus de 0,5 % cette année alors que la prévision initiale était de 1 %.Beaucoup d’observateurs pensent même qu’elle devrait se situer en dessous de 0,4 %.

Cela signifie que la France doit réduire ses ambitions de réduction du déficit. Il sera vraisemblablement supérieur à 4 % du PIB en 2014.

L’objectif négocié à Bruxelles d’un respect pour 2015 des 3 % du traité de Maastricht, se trouve compromis. Nos gouvernants tablent sur le fait que l’Europe dans son ensemble, est en panne de croissance. Ils espèrent bien en profiter pour demander un nouvel assouplissement des règles européennes pour la France.

L’agence Moody’s ne s’y est pas trompée. Le 18 août, elle a, à nouveau, baissé la note relative aux perspectives de croissance pour la France.

Elle précise dans cette note « ces difficultés à réaliser le programme budgétaire du gouvernement et la probabilité croissante qu’il n’y parviendra pas est un facteur négatif pour la note de crédit de la France ».

Elle précise aussi qu’une nouvelle autorisation faite à la France de reporter ses objectifs budgétaires « serait un facteur négatif pour la note de crédit de la zone euro ».

Pouvons-nous retrouver une croissance identique à celle des « 30 glorieuses » ?

Clairement, non. Il suffit de regarder l’évolution du PIB depuis 1960.

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Source : livre d’Olivier BERRUYER « les faits sont têtus »

La principale raison en est simple et pourtant non évoquée par les politiques et les grands médias.

Au sortir de la guerre, tout était à construire et surtout à reconstruire. Aujourd’hui, nous sommes dans un marché non plus d’équipement mais de remplacement. Cela signifie que ce marché se réduit.

Pour continuer à produire plus, les industriels fabriquent des produits destinés non pas à assurer un usage de qualité, mais à être remplacés le plus rapidement possible (principe de l’obsolescence programmée).

La logique de ces industriels n’est plus de satisfaire une demande, mais bien de produire pour dégager plus de bénéfices et cela, plus rapidement.

Pire, le marketing créé des besoins artificiels. C’est le principe selon lequel « le présumé besoin » crée le marché.

Comme l’exprime parfaitement cette déclaration de Brooks Stevens, designer industriel américain : « C’est inculquer à l’acheteur le désir de posséder quelque chose d’un peu plus récent, un peu meilleur et un peu plus tôt que ce qui est nécessaire »

Sous prétexte de « modernité », il est totalement entré dans les mœurs qu’un produit a une durée de vie courte, quelle que soit le type et la technologie du produit (électroménager, téléphonie, vidéo, TV, hifi).

Sous prétexte de « nouveautés », on achète des produits de plus en plus « peu utiles », voir inutiles, sans se préoccuper, ou si peu, des conditions dans lesquelles ils sont fabriqué, ni des conséquences en termes énergétique et de pollution.

Autre information, peu reprise par nos grands médias nationaux, l’agence de notation Moody’s, prévient que le vieillissement de la population qui n’épargne aucun pays, aura mécaniquement des effets négatifs sur leurs PIB respectifs.(16 pays vont voir leur population active baissée d’au moins 10 %)

 

Ce que l’on ne voit pas :

Nous sommes dans un marché de remplacement. Cela signifie : moins de besoins = moins de consommation = moins de croissance  = moins de fabrication = moins d’emplois.

Une autre conséquence particulièrement importante d’une croissance faible, voire nulle, c’est l’impact sur la dette du pays.

Autre élément d’importance, lui aussi, curieusement absent des grands médias, la monté en puissance des robots qui, bientôt, vont remplacer l’homme, dans des tâches pour le moins inattendues.

Comme d’habitude, des faits, rien que des faits : Fin 2014, la dette de la France dépassera probablement les 2, 000 milliards d’euros. (1 985,6 Md€ au 1er trimestre 2014).

Pour ce qui est du PIB, au 2ème trimestre 2014, sur un an glissant, il s‘élève à 2 058,7 Md€.

Nous aurons donc en fin 2014, une dette sensiblement équivalente, voir supérieure au PIB.

Les intérêts moyens de la dette sont d’environ 1,50 % Cela signifie qu’il nous faudrait une croissance d’au moins 1,50 % pour rembourser les seuls intérêts de la dette. Dès lors, nos 0,5% de 2014 « ne font même pas le compte ».

La richesse nationale produite (PIB) ne suffit plus à payer les seuls intérêts de la dette.

Les nouveaux emprunts souscrits, ne vont donc servir qu’à payer une partie de ces intérêts. Cela signifie, que nous sommes en faillite car nous ne pourrons pas rembourser le capital emprunté.

La dette de la France ne sera pas remboursée. Mais, CHUTT, il ne faut pas le dire !!!

Les vases communicants. L’école c’est loin mais vous vous souvenez encore ?

D’autres chiffres : Nous avons d’un côté, environ 2 000 Md€ de dettes. Par ailleurs, les dépôts financiers en livrets A, LDDet contrats d’assurance-vie représentent environ 2 000 Md€ de dépôts….. Quelle tentation, non ?

J’entends déjà certains me dire (les mêmes qui ne me croyaient pas lorsque j’annonçais quelques mois avant Chypres, les risques grandissants de confiscations) Mais non, ils n’oseront tout de même pas !!!

Pas si sûr, si c’est « gentiment demandé »….par nos prêteurs.

En effet, ceux-ci, encore « une exception française », sont à 64,5 %, des étrangers.

Quand ils n’auront plus suffisamment confiance dans l’état français, pour sa capacité à rembourser ses dettes, ils auront deux solutions :

Nous prêter à un taux plus élevé

Nous demander de prouver notre capacité à rembourser notre dette.

Nous verrons bien….. “tout est possible” !!!

Ce que voit Alex Andrin

A la forte croissance, il ne faut plus rêver.
À moins de un pour cent, on devra s’habituer.
Notre consommation, sera à modifier.
La folle course aux profits, il faudra oublier.
Le risque pour notre épargne, est très important,
De se voir amputée ou réduite à néant.
Il est grand temps d’agir avant l’effondrement

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