La résistance à l’oppression passe aussi par la musique.

17 Nov, 2021 | 0 commentaires

Introduction

La raison d’être de ces « mercredis musicaux d’Hubert » est de nous habituer à percevoir des vibrations propres à nous élever spirituellement. En effet, tous les grands compositeurs ont dit, à un moment ou un autre, être « habité » lors de leur composition.

La musique produit de nombreux effets dans notre corps alors que, le plus souvent, nous n’en avons pas conscience.

Particulièrement recommandée en cette époque de « Corona-déstructuribus », la musique a beaucoup d’effets bénéfiques sur la nature, les animaux, mais aussi sur les humains. Qu’on l’écoute ou la pratique, en solo ou en groupe, celle-ci nous fait incontestablement du bien.

La musique suit le cours de notre existence et accompagne la plupart de nos rituels et cela ne date pas d’hier. Des flutes fabriquées dans de l’os, vieilles de 35 000 ans, ont été exhumées lors de fouilles archéologiques.

Tout ce qui existe sur terre produit du son, que nous le percevions consciemment ou pas. Même les étoiles chantent. La musique a la capacité de nous entrainer dans sa danse et d’agir sur tout notre corps. Elle nous rappelle que nous avons « d’autres dimensions » et que nous sommes relié « au grand tout ». L’univers est un immense orchestre. Voilà pourquoi, chaque mercredi, j’ai un immense plaisir à partager avec vous les effets bénéfiques de la musique.

 

Musique du jour : Haydn, ou l’art de la revendication efficace.

µ La musique est une forme d’expression très puissante et particulièrement bénéfique à utiliser dans cette période, si particulière, que nous traversons. C’est une des raisons de sa présence chaque mercredi dans ce blog. Elle contribue à nous apporter la sérénité indispensable pour « aller de l’avant » dans notre vie personnelle et par voie de conséquence, faire « bouger le monde ». C’est, en effet, la somme de nos efforts personnels qui pourra bénéficier à tous.

Aujourd’hui, j’ai choisi de vous conter l’histoire de la quarante-cinquième symphonie de Joseph HAYDN. Vous allez voir comme elle est particulière et parfaitement en liaison avec notre actualité « Coronavidesque ».

Fils de Mathias Haydn et de Anna Maria Koller, Franz Joseph Haydn est né à Rohrau en Basse-Autriche, le 31 mars 1732. Deuxième de douze enfants, il passe dans cette région et à Vienne, la totalité de sa vie, à l’exception de ses deux voyages à Londres.

De huit à dix-sept ans, il est enfant de chœur à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne. Puis, pendant dix ans, il poursuit sa formation en tant que musicien indépendant, subvenant à ses besoins en donnant des leçons.

Le 1er mai 1761, alors qu’il a vingt-neuf ans, Haydn signe avec le prince Paul II Anton ESTERHÁZY, un contrat le nommant vice-maître de chapelle, puis maître de chapelle cinq ans plus tard.  Ce contrat, typique de cette époque, confère à Haydn un statut de « domestique portant livrée » et composant sur commande. « L’ami Jojo » a un comportement protecteur vis-à-vis de ses musiciens qui l’appellent familièrement « papa Haydn ». Retenez bien ce point de caractère.

En février 1785, HAYDN rencontre Wolfgang Amadeus MOZART. Bien que vingt-quatre ans plus âgé que wolfi, les deux hommes se lient d’une amitié profonde. Il leur arrive même de jouer ensemble. À partir de 1804, HAYDN très affaibli, cesse de composer et ne quitte quasiment plus sa maison dans la banlieue de Vienne, jusqu’à sa mort en 1809 à l’âge de soixante-dix-sept ans.

Venons-en à cette fameuse quarante-cinquième symphonie en Fa dièse mineur, dite « les adieux ». Très classiquement, elle comporte quatre mouvements : allegro assai, Adagio, Menuet et enfin Presto-Adagio. C’est ce dernier mouvement qui montre le génie de Haydn, en matière d’expression de revendication en faveur de ses musiciens.

Le prince avait prolongé plus qu’à l’habitude la saison des concerts et tous les musiciens étaient fatigués et impatients de pouvoir retrouver leur famille. S’en étant ouvert à « papa Haydn », celui-ci en prit bonne note. Pour signifier au prince la légitime revendication de l’ensemble des musiciens… mais avec tout le respect et la déférence qu’il se doit, il « orchestra à sa façon » l’exécution de la deuxième partie du dernier mouvement de cette 45è symphonie.

Au fur à mesure de l’exécution de sa partie, chaque musicien, l’un après l’autre, s’arrêta de jouer, souffla la chandelle de son pupitre et quitta la salle.… le chef (Haydn en personne) se retrouvant à la fin du morceau, seul avec le premier violon !!!

Opération réussie. Cette efficace manière de résister et faire « entendre » ses revendications amena le prince à quitter sa résidence d’été dès le lendemain, libérant ainsi les musiciens qui purent regagner leur famille.

Messires et gentes dames, replongez-vous à la cour du Prince Nicolas Esterházy, en son palais d’été à Fertőd en 1772. Voyez et écoutez cette facétieuse « reconstitution » que nous offre Daniel BARENBOIM à la tête de l’orchestre philharmonique de Vienne, lors du concert du Nouvel An de 2009.

En route pour cette efficace « arme de revendication massive ».  Soyez patient, la « fuite » des musiciens commence à la seconde partie de ce quatrième mouvement de cet enregistrement de 8 minutes.

« Quel que soit votre rêve, vivez-le, car l’audace est empreinte de génie, de puissance et de magie »

(Johann Wolfgang Von Goethe)

Chers lecteurs, puisse cette anecdote, nous faire prendre conscience à tous, qu’il est de multiples manières de résister au musellement (dans les deux sens) des populations en cours. Je vous aime et vous salue.

Mots clés : Musique

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

LETTRE D’INFORMATION


DERNIERS BILLETS MIS EN LIGNE


Voix, cordes et vents, à la Sérénissime

Voix, cordes et vents, à la Sérénissime

À travers une réflexion poétique sur la vibration et la musique, cet article met en lumière deux grands compositeurs italiens du XVIe et début XVIIe siècle, Giovanni Gabrieli et Claudio Monteverdi, figures majeures du rayonnement musical de la Venise renaissante et baroque. Il retrace leurs parcours, leur rôle à la ba…

Inflation : l’art de nous faire croire que tout va bien !

Inflation : l’art de nous faire croire que tout va bien !

L’article explique ce qu’est l’inflation comme perte de pouvoir d’achat, en s’appuyant sur les définitions de la BCE et de l’INSEE, puis critique la communication officielle et les méthodes de calcul de l’indice des prix à la consommation. Il met en avant les changements d’année de référence de l’IPC, interprétés comme un moyen de masquer l’ampleur réelle de l’inflation sur le long terme. Un nouveau changement vient d ‘avoir lieu en …

Le monde peut-il se transformer… sans transformateurs ?

Le monde peut-il se transformer… sans transformateurs ?

L’acier électrique à grains orientés est un matériau clé, rare et complexe à produire, indispensable à la fabrication des transformateurs électriques. Maîtrisé par moins de cinq pays, il devient un facteur critique dans la transition énergétique, alors que la demande explose et que l’offre ne suit pas, entraînant pénuries, hausse des coûts et augmentation durable des prix de l’électricité. Pensez-y quand vo…

Dérèglement climatique : si nous élargissions les débats ?

Dérèglement climatique : si nous élargissions les débats ?

L’article critique le dogmatisme de certains experts et remet en cause la fiabilité des travaux du GIEC, accusé d’erreurs méthodologiques, de sélection biaisée des données et d’exagération des résultats. Il dénonce l’utilisation de ces conclusions scientifiques pour justifier des décisions politico-économiques aux conséquences lourdes, sans véritable débat contradictoire. L’auteur alerte sur l’impact de ces pratiques sur la confiance du public et sur l’appauvrissement économique qui en découlerait.

Si nous parlions de niches fiscales ?

Si nous parlions de niches fiscales ?

L’article analyse la logique politique et économique des « niches fiscales », ces dispositifs dérogatoires créés par le législateur pour orienter certains comportements (immobilier, emploi à domicile, scolarité, culture), puis régulièrement critiqués et plafonnés sous la pression électorale. Il rappelle l’instauration du plafonnement global des avantages fiscaux depuis 2009, leur coût croissant pour les finances publiques, les incohérences pointées par la Cour des comptes et les débats récurrents qui en…

GUIDE DE SURVIE n° 17 du 21 janvier 2026 Patrimoine

GUIDE DE SURVIE n° 17 du 21 janvier 2026 Patrimoine

Ce numéro exhorte à une débancarisation stratégique pour protéger son patrimoine contre un effondrement systémique imminent. L’auteur dénonce l’illusion de la garantie des dépôts, affirmant que les réserves du fonds de garantie sont largement insuffisantes face à l’ampleur des risques réels. Le document explique que l’argent déposé devient juridiquement la propriété de la banque, laquelle l’utilise pour des opérations spéculatives grâce au système des réserves fractionnaires. Face aux menaces de saisies administratives et aux tensions géopolitiques mondiales, il recommande…

SOCIAL