Coup de tonnerre sur les baux commerciaux : danger pour les investisseurs

8 Fév, 2021 | 0 commentaires

Je ne cesse de répéter que cette crise est, avant tout, économique et que ce « Corona-maléficius » n’est que son révélateur. Un des effets collatéraux résultant des mesures de confinement et de fermetures administratives de nombreux commerces, réside dans les difficultés de paiement des loyers. Par voie de conséquence, les propriétaires bailleurs sont aussi impactés.

Dans pareille situation, le bailleur ainsi que le preneur à bail sont naturellement amenés à défendre leur point de vue économique.

Le bailleur invoque le respect du contrat de bail, c’est-à-dire le parfait paiement des loyers et Charges. Il ne faut pas oublier que très souvent, ce méchant personnage a des charges à assumer, au rang desquelles le remboursement de l’emprunt lui ayant permis d’acquérir le bien loué, figure en première place.

Quant au preneur à bail, privé par des mesures administratives de générer le chiffre d’affaires escompté, il a les plus grandes difficultés à honorer ses engagements stipulés au contrat de bail.

Une possibilité de faire face à cette difficulté peut résider dans la souscription d’une assurance couvrant le risque de perte d’exploitation, évidemment, avant la survenue de ce sinistre. C’est effectivement une sage précaution qui n’est efficace QUE si le souscripteur lit TRÈS attentivement les conditions générales de cette assurance ET en comprend la portée. À défaut, il est primordial de se faire assister par un conseil compétent (courtier, avocat spécialisé). L’assurance ne parait chère qu’avant le sinistre !!!

 

Examinons ensemble une affaire récente qui a opposé un commerçant avec son bailleur et sur laquelle le tribunal judiciaire de Paris s’est prononcé le 21 janvier dernier. Je demande par avance aux juristes de pardonner mes raccourcis et vous résume très succinctement cette affaire.

Un locataire a souscrit un bail commercial pour des locaux dans lesquels il exploite une activité de restauration sur place et à emporter. Les différentes mesures de police administrative prises en raison de l’état d’urgence sanitaire affectent considérablement les recettes du restaurateur. Un accord est conclu avec le bailleur sur la base d’une minoration du montant du loyer pendant une période limitée.

L’activité du restaurateur ne s’améliorant pas, il demande au bailleur une prolongation des mesures de réduction du loyer. Les négociations échouent et le locataire décide de ne pas régler l’intégralité des loyers. Le bailleur fait délivrer un commandement de payer le solde du loyer, puis assigne le locataire devant la juridiction des référés.

Le coup de tonnerre annoncé provient du fait que ce soit apparemment la première fois en cette période de crise sanitaire, qu’un locataire soulève devant le juge des référés l’article 1195 du Code civil relatif à l’imprévision pour s’opposer à un commandement de payer. Cet article du Code civil est relatif à la notion de « changement de circonstances imprévisible lors de la conclusion du contrat ».

En l’espèce, le juge estime que le locataire peut se prévaloir de circonstances imprévisibles, mais qu’il appartient au juge du fond de déterminer si le locataire peut s’appuyer sur les dispositions de l’article 1195 du Code civil pour demander une adaptation du contrat.

 

Coup de tonnerre à répétition, avec une autre affaire où s’invite, cette fois-ci l’article 1722 du Code civil. Celui-ci dispose :

« Si, pendant la durée du bail, la chose louée est détruite en totalité par cas fortuit, le bail est résilié de plein droit ; si elle n’est détruite qu’en partie, le preneur peut, suivant les circonstances, demander ou une diminution du prix, ou la résiliation même du bail. Dans l’un et l’autre cas, il n’y a lieu à aucun dédommagement ».

Dans cette affaire, le juge de l’exécution du tribunal judiciaire de Paris relève que le preneur à bail a bien été contraint de fermer totalement au public son magasin en application des décisions prises par les autorités administratives. Le bailleur ne peut donc pas réclamer le paiement des loyers.

Cette fois encore c’est une première : le juge estime que l’impossibilité d’exploiter les lieux loués, résultant d’une décision des pouvoirs publics, est assimilable à la perte envisagée par l’article 1722 du Code civil.

 

La leçon à tirer pour ceux d’entre vous qui ont dans leur patrimoine des locaux commerciaux, quelle qu’en soit la forme, est de se rapprocher sans tarder de leurs conseils patrimoniaux, car les multiples moyens juridiques pour ne pas payer les loyers vont être activement explorés et exploités.

De façon plus générale, je donne à nouveau à tous les épargnants ce conseil, certes dérangeant, mais tellement salvateur : il est plus que temps d’anticiper la recomposition de TOUS les aspects de vos patrimoines. Soyez conscient que ce « Corona-ruinus » va faire mourir de nombreux patrimoines et les vaccins n’y pourront rien changer ☹ ☹ ☹.

Les huit cent dix-neuf pages des Rendez-vous d’Hubert déjà publiées à ce jour, de même que les nombreuses à venir, sont de nature à grandement vous aider pour préserver ce qui peut l’être.

« Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge »

(Winston Churchill)

Chers lecteurs, je vous aime et vous salue.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

LETTRE D’INFORMATION


DERNIERS BILLETS MIS EN LIGNE


Coronentourloupus : le temps de la justice !

Coronentourloupus : le temps de la justice !

Aux Pays-Bas, une procédure civile visant notamment Bill Gates, Albert Bourla, Mark Rutte et l’État néerlandais examine les responsabilités liées à la gestion de la crise du Coron… Parallèlement, des chercheurs dénoncent l’accès limité aux données européennes sur les effets indésirables de..

Guerre du gaz, un aspect méconnu !

Guerre du gaz, un aspect méconnu !

Face à la hausse des prix et aux risques de pénurie, l’article distingue le protoxyde d’azote de l’hélium, dont les tensions d’approvisionnement menacent notamment les secteurs de la santé et des semi-conducteurs. Il évoque également l’hélium 3, présent sur la Lune. Une réflexion humoristique conclut sur une autre source d’énergie, gratuite et accessible à chacun : le développement de notre énergie spirituelle, pou…

Taxe foncière et d’habitation : Si on se posait les bonnes questions ?

Taxe foncière et d’habitation : Si on se posait les bonnes questions ?

À l’image de Boileau, savoir bien gérer son patrimoine commence par se poser les bonnes questions. Face à la pression fiscale et aux incertitudes actuelles, est-il toujours judicieux de conserver une résidence secondaire ou certains biens patrimoniaux ? Il est temps de réexaminer ses certitudes et d’effectuer les arbitrages nécessaires avant qu’il ne soit trop tard.

GUIDE DE SURVIE n° 44 du 21 octobre  2026 Géoéconomie Politique

GUIDE DE SURVIE n° 44 du 21 octobre 2026 Géoéconomie Politique

Ce numéro du guide dresse un constat, sans concession, de l’effondrement économique et social des nations occidentales tout en décrivant un climat de chaos organisé. L’auteur analyse également les risques liés aux nouvelles législations liberticides, comme l’état d’alerte sécuritaire, ainsi qu’aux structures policières multinationales occultes. Sur le plan international, il examine l’escalade du conflit iranien. Face à cette instabilité et au risque de guerre civile, il conseille aux citoyens de réaliser un inventaire patrimonial rigou…

Contrats d’assurance vie luxembourgeois : arrêtez de rêver !

Contrats d’assurance vie luxembourgeois : arrêtez de rêver !

Derrière les promesses de sécurité et de flexibilité des assurances vie luxembourgeoises, la réalité mérite examen. La faillite de FWU Luxembourg, qui a entraîné le gel des avoirs et la suspension des retraits, rappelle que le triangle de sécurité ne garantit pas le capital. De plus, le projet…

Votre chère, très très chère voiture

Votre chère, très très chère voiture

Deux rapports, du Conseil des prélèvements obligatoires et de l’Institut mobilités en transition, proposent d’instaurer une taxe annuelle sur la détention des véhicules, y compris électriques et deux-roues. Son montant pourrait atteindre 140 € par an pour une voiture particulière en 2030, selon le second rapport, avec une modulation…

RÉSEAUX SOCIAUX