La prime : Quelle utilité pour notre patrimoine ?

9 Juil, 2016 | 0 commentaires

INTRODUCTION 

Notre quotidien se déroule, avec ses hauts et ses bas. Notre monde s’écroule, beaucoup ne le voient pas.
Prenons du recul et une fois tout cela compris, s’ouvre pour chacun de nous, une nouvelle vie.
Retrouvons l’Être que nous sommes vraiment. Ici et maintenant, vivons-le pleinement.
Rayonnons notre puissance d’amour, elle est inépuisable.

« Ce que tu donnes est à toi pour toujours. Ce que tu gardes est perdu à jamais »
(Proverbe Soufi)

Ce que l’on voit :

La prime, voilà un mot qui somme bien à l’oreille et qui évoque de suite, des choses plutôt positives. C’est tout à fait normal, quand on se réfère à l’origine latine « praemium » qui signifie récompense, avantage, gain. Quel salarié oublierait cette somme reçue en plus de son salaire ? Il est vrai que « prime d’objectif » est plus à même de motiver celui-ci que « partie variable » du salaire.

Pour ce qui est du patrimoine, sans vouloir être exhaustif, la prime d’assurance est la somme versée par l’assuré en échange de la prise en charge d’un risque par un assureur. En bourse, la prime d’émission est la différence entre la valeur nominale d’un titre (action ou obligation) et le prix payé par le souscripteur de ce titre. Ce prix payé s’appelant alors prix d’émission.

Nous venons de voir que la prime est une récompense, en échange d’une implication plus forte de la part de celui qui en bénéficie. L’homme est ainsi fait qu’il s’habitue facilement aux récompenses, au point qu’elles lui apparaissent très vite comme des acquis et le jour ou le fait générateur de la prime est absent, la perte de celle-ci est perçue comme « anormale », voir comme une véritable injustice. La relation performance = prime est oublié car elle est assimilée à un « avantage définitivement acquis ».

Comme rappelé dans un récent article de Patrick COQUART dans Contrepoints, cette approche n’est pas nouvelle. Déjà à la fin du 14ème siècle, « la mémorable affaire des vignerons d’Auxerre », illustre bien ce phénomène

« À cette époque-là, les crises multiples font monter les salaires, en particulier celui des vignerons. De 8 deniers la journée en 1345, il monte à 20 deniers après la peste noire, et finit par atteindre, à la fin du siècle, 30 à 35 deniers. Pour les travaux difficiles ou urgents, on réclame même 60 deniers, c’est-à-dire 5 sous.

Cette hausse vertigineuse s’explique par la pénurie de main-d’œuvre. La peste, nous l’avons dit, décime la population. Mais il ne faut pas oublier les dégâts causés par les incursions anglaises en pleine guerre de Cent Ans. Ainsi Auxerre, en 1359, subit un siège de six mois avant d’être occupée. Le vignoble est saccagé par la guerre : les maisons sont brûlées, les pressoirs détruits, les ceps coupés au pied. L’ennemi veut tout détruire.

Pour reconstruire le vignoble, d’énormes efforts seront nécessaires. Et comme les travailleurs sont devenus rares – ils sont morts ou ils ont fui – les salaires augmentent.

Mais une fois les vignobles reconstitués, les propriétaires entendent retrouver des niveaux de salaires plus raisonnables. Les vignerons, eux, veulent conserver les avantages acquis.

Les employeurs portent donc l’affaire devant les tribunaux. Ils se plaignent notamment de la durée du travail, toujours de plus en plus courte. Les vignerons font trois repas durant la journée de travail, puis font la sieste et quittent les vignes de plus en plus tôt, vers trois heures de l’après-midi selon certains témoignages.

Malgré des condamnations qui peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement, les vignerons ne cèdent pas. Ils menacent de saboter le travail comme d’arracher les bons ceps et garder les vieux.

Le Parlement de Paris, qui finit par être saisi de l’affaire, rendra un jugement qui ménage la chèvre et le chou, laissant au temps et aux lois de l’offre et de la demande le soin de régler naturellement le conflit. La main-d’œuvre se reconstituant, les salaires ont fini par baisser ».

Je ne développerais pas ici la notion de prime en matière de pièce d’or ou d’argent. Succinctement, c’est la différence de prix entre la valeur du métal de la pièce et son prix de vente. Le montant de cette prime évolue en fonction : de l’état de la pièce, de sa rareté, de l’offre et la demande…

Ce que l’on ne voit pas :

Vous vous souvenez que la France s’était engagée auprès de la Commission européenne à économiser 50 milliardsd’euros sur la période 2015 à 2017. Hypocrisie générale, car la commission tout comme nos dirigeants politiques savaient très bien que cette période pré-électorale est propice aux « distributions  généreuses » pour « encourager les électeurs à bien voter » ou pour maintenir « la paix sociale ».

Le 4 juillet dernier, l’Assemblée nationale a adopté en procédure accélérée, le « projet de loi de règlement et d’approbation des comptes de l’année 2015 ». C’est l’équivalent de l’approbation des comptes que l’assemblée générale des copropriétaires vote chaque année, de même que de toute société lors de son assemblée générale annuelle. Ce document nous apprend que notre pays a émis pour 187 milliards d’Euros de dettes à moyen et long terme. Cette somme représente 40% de ses recettes, les 60% restant, proviennent des recettes fiscales nettes (nos impôts).

Beaucoup plus importantes et totalement scandaleuses, sont les manipulations de nos dirigeants pour financer notre dette qui représente peu ou prou, 100% de notre PIB. Explications :

–          Aujourd’hui, pour financer ses dépenses, la France émet des emprunts à 10 ans (OAT) à des taux proches de zéro (0,1340% le 6 juillet 2016, selon la banque de France).

–          Pour être « plus attractive », l’agence France trésor (organisme qui gère la dette et la trésorerie de l’État), prolonge et augmente le montant d’anciennes émissions d’emprunts qui étaient souscrits à des taux de 4 ou 5%.

–          Les prêteurs préférant investir dans des titres leur rapportant 4 ou 5% plutôt que dans les obligations actuelles à moins de 0,5%, sont prêts à payer « une prime d’émission » conséquente.

–          Quand la France vend « officiellement » pour 1 000 d’obligations d’état « dopées », elle encaisse 2 000 (1 000 au titre de la valeur faciale de l’obligation et 1 000 au titre de la prime). Malin, non ? En 2015, cela représente quand même 22,7 milliards d’Euros alors que la moyenne est de 4 à 5 milliards par an ces dernières années.

–          Mieux, le montant de la prime d’émission est comptabilisé en recette et permet à l’état d’honorer pour 22,6 milliards de dettes à court terme. Ça sent la « bonne gestion » de notre dette. Bravo l’AFT.

–          Bonne gestion ? Que nenni. Malin à court terme, c’est à voir, mais ruineux pour l’avenir, c’est certain. En effet, si la trésorerie lors de l’émission de l’obligation « dopée » est favorable à l’emprunteur, les intérêts qui courent tout au long de la durée de cette obligation (sa maturité) sont plus élevés (4 ou5% au lieu de 0,5%).

–          Prenons un exemple : pour une adjudication de 5 milliards d’Euros (moyenne des adjudications des OAT de l’AFTle 7 de ce mois de juillet)

  • 10 ans d’intérêts à 0,16% (taux à cette date), représentent 80 millions d’Euros.
  • Alors que 10 ans d’intérêts à 4% (par exemple), représentent 2 milliards d’Euros.
    • Avec cette « performance », nos gouvernants méritent la reconnaissance et les applaudissements nourris des contribuables des 10 prochaines années.

Même la Cour des comptes s’est émue de l’utilisation de cet artifice dans son rapport du 25 mai dernier intitulé « le budget de l’État en 2015 ». Elle note que « L’émission des titres issus de souches anciennes, porteurs de coupons plus élevés que les taux en vigueur en 2015, a conduit à enregistrer des ressources de trésorerie en contrepartie d’une charge budgétaire plus élevée à l’avenir».

Hélas, nous savons bien que cette institution n’a aucun pouvoir pour faire cesser les abus qu’elle dénonce.

Une fois de plus, les paroles de Winston CHURCHILL s’imposent à ma mémoire « Un homme politique considère la prochaine élection. Un homme d’État considère la prochaine génération ».

Mais pourquoi diable continuons-nous à voter pour des dirigeants aussi intellectuellement malhonnêtes ? Il est vraiment temps de prendre l’avenir de notre argent en main et d’agir en conséquence. AUCUN d’entre eux, de l’extrême gauche à l’extrême droite, ne mérite notre confiance. En nous en souvenant le moment venu, vous voyez bien que nous avons les moyens IN DI VI DUEL LE MENT, de faire bouger les choses. Si se dire « je n’y peux rien à mon niveau » est confortable, c’est faux et c’est une attitude lâche, que nos enfants seront en droit de nous reprocher.

Et pour moi, ça change quoi ? :

Il est nécessaire d’admettre que toute chose, bonne ou mauvaise, n’est pas éternelle, à commencer par la vie. On nait sur cette terre, on y vit, puis on finit par mourir. On achète une voiture neuve, on l’utilise, puis, parfois après avoir changé plusieurs fois de propriétaire, elle finit à la casse. Une maladie survient, on la soigne, elle disparait. La pluie finit toujours par laisser place au beau temps. Une entreprise est créée, elle se développe puis elle finit toujours par disparaitre. Des évènements comme son absorption par la concurrence ou un développement tel qu’il l’amène à changer son nom, marque la fin de la création initiale).

L’impermanence des choses est à intégrer dans notre quotidien y compris pour notre patrimoine qui, cette approche est trop souvent négligée, ne se limite pas à nos avoirs financiers et immobiliers. Rien n’est jamais acquis, c’est d’ailleurs un merveilleux moteur pour toujours nous remettre en cause et chercher à progresser et nous enrichir sur tous les plans.

Le reconnaitre nous amène à envisager notre avenir différemment. Puisque même les points positifs de notre vie sont éphémères (bien sûr nous souhaitons que ceux-ci durent le plus longtemps possible, mais ils sont quand même éphémères), faisons en sorte de générer de nouvelles situations positives, par nos pensées et par nos actes.

Ne soyons plus dupes. Ceux qui nous gouvernent nous imposent des contraintes dont ils s’exonèrent. Le monde d’aujourd’hui est dur, il le sera bientôt plus encore. Il nous faut intégrer cette évidence, nous prendre en main et ne plus rien attendre du « système » actuel qui se délite sous nos yeux.

Lutter afin de préserver les « avantages acquis » n’est plus de mise. Se contenter de le déplorer ne sert à rien. Mieux vaut agir et se remettre en question, pour son plus grand bien et celui de tous.

Nous avons en nous, toutes les ressources pour choisir et réussir notre vie. N’attendons plus rien des personnes au pouvoir et agissons comme si rien ne nous était impossible. Investir dans l’acquisition des connaissances de base, vous permettant de piloter vous-même votre patrimoine, vous sera plus profitable que de confier sa gestion à un tiers, si compétent et honnête soit-il.

Au fait, avez-vous remarqué que malgré leurs manipulations, les cours de l’or et l’argent sont orientés à la hausse depuis le résultat du vote de nos amis britanniques, confirmant comme je l’écris depuis 2007, leur place de valeur refuge. Comme aime à conclure mon ami Charles SANNAT, dans chacun de ses éditos quotidiens INSOLENTIAE : « Préparez-vous, il est déjà trop tard ».

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Ce que voit Alex Andrin

Le pouvoir de changer les choses est à nous.
Pour ce faire, soyons curieux et obstinés.
Posons des questions. Rien ne doit rester tabou.
C’est en restant passif que nous serons ruinés.
Tant de nos certitudes se sont envolées,
Qu’il est temps d’arrêter d’être manipulé.
Gardez confiance, je vous aime et vous salue.

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