LE MOMENT DÉTENTE DE LA SEMAINE
Dis-dont, Hubert, que nous racontes-tu là ? C’est de l’espagnol ou de l’italien ? En tous cas, pas du français ! De l’andalou, peut-être ?
Bien sûr, c’est de l’italien. Pourquoi cette langue et pourquoi cette phrase?Tous simplement parce qu’aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous, un très riche moment d’émotion. Ce titre, en bon français, signifie : « À voix basse ? Non, à voix de mezzo-soprano ! ».
Le mezzo-soprano est une voix féminine comprise entre le soprano (la plus élevée) et l’alto (plus grave). Si sa tessiture est parfois aussi étendue que celle d’un soprano. Son timbre est en revanche plus velouté. On distingue le mezzo-soprano léger, lyrique, dramatique et colorature.
Je vous propose d’écouter celle qui, pour moi, est la plus grande : Cécilia BARTOLI. Née le 4 juin 1966 à Rome, de parents chanteurs lyriques, c’est naturellement que « l’amie Cécilia » a sa mère,soprano, comme première professeure de chant.
Elle apparaît sur scène, pour la première fois, à l’âge de neuf ans. Elle a une véritable passion pour le flamenco (Ole). À l’âge de 14 ans, elle commence à prendre des cours de flamenco avec une professeure andalouse (j’en connais une très bonne) et à se produire sur scène dans un groupe de danse, malgré la réticence de ses parents.
Elle reconnaît, encore aujourd’hui, que, grâce à ses cours de flamenco, elle a appris à se déplacer tout en chantant. Sa passion pour le flamenco reste toujours intacte (comme moi).
À seize ans, elle reprend, avec sa mère, ses cours de chant lyrique et progresse rapidement. Elle a vingt-et-un ans quand elle se fait connaître en France, lors d’un concert à l’opéra de Paris.
Elle travaille avec les plus grands : Herbert von KARAJAN, Daniel BARENBOÏM, Nikolaus HARNONCOURT. Depuis quelques années, « La BARTOLI » se concentre sur des projets musicaux menés avec des orchestres d’instruments anciens.
Elle est également directrice artistique du festival de Pentecôte de Salzbourg (Salzburger Pfingstfestspiele) depuis 2012 et directrice de l’Opéra de Monte-Carlo depuis le 1er janvier 2023.
La voici qui interprète, rien que pour vous, en sept minutes et trois secondes, chrono, « Agitata da due venti » (Agitée par deux vents). C’est le plus célèbre aria de la seconde scène de l’acte 2 de l’opéra « Griselda » d’Antonio VIVALDI.
Voyez la parfaite communion de l’interprète, qui vit, littéralement, aussi bien la musique, que le texte qu’elle interprète. Constatez aussi la ferveur avec laquelle elle remercie les premiers violons, lors du salut final.
C’est le miracle dont est capable la musique baroque de VIVALDI, lorsqu’elle est si bien servie. Admirez aussi, l’étendue de la tessiture de « l’amie Cécilia », une mezzo-soprano hors du commun !.
Un plaisir ne devant pas rester seul, la voici dans un autre registre, toujours accompagnée par l’orchestre baroque Il Giardino Armonico, qui joue sur des instruments d’époque, sous la direction de son chef, Giovanni ANTONINI.
C’est encore une œuvre de « l’ami Antonio », dans le registre musique sacrée, le célébrissime aria « Domine Deus » du Gloria en Ré majeur, RV 589.
Nous voici, pendant cinq minutes et vingt secondes, en communion avec l’éternité, en compagnie de la divine Cécilia. Là encore, voyez le miracle de l’œuvre sur l’interprète. Le morceau terminé, elle est toujours, là-haut… avec Antonio !
« La musique met l’âme en harmonie avec tout ce qui existe »
(Oscar Wilde)
Chers lecteurs, puisse ce moment de détente, être le prélude à une fin de semaine agréable.
Je vous aime et vous salue.






0 commentaires