Il fallait vraiment être sourd et aveugle, pour échapper à la tempête médiatique relative aux commémorations du 70ème anniversaire du « débarquement allié » en Normandie et du sacrifice de « ces jeunes américains d’à peine 20 ans, venus sauver la France des griffes d’Adolf Hitler ». Sans « en faire autant », pourquoi ne parle-t-on jamais de ce qui s’est passé au 18ème siècle ? C’est vrais, c’est plus ancien, mais quand même !!!

Effectivement, dès 1777, la France s’engage aux côtés des colons indépendantistes américains, dénommés « insurgents » par les britanniques (aujourd’hui, on dirait des terroristes), dans la conquête de leur autonomie.

L’aide française contribua de manière significative, notamment en remportant la bataille de Yorktown le 17 octobre 1781 contre l’Angleterre, à la victoire américaine (traité de Paris du 3 septembre 1783) dans la guerre d’indépendance qui devait donner naissance aux institutions républicaines, prélude des Etats-Unis d’Amérique.

Beaucoup de français versèrent leur sang pour les futurs USA et s’illustrèrent dans cette « conquête de la liberté », aux rangs desquels : le capitaine Thomas-Antoine de Mauduit du PLESSIS, Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de ROCHAMBEAU et Gilbert du Motier, marquis de La FAYETTE, pour ne citer que les plus célèbres d’entre eux.

Je reviens donc sur cette commémoration pour mettre en lumière des faits qui sont nettement moins médiatisés (les livres d’histoires officiels, seraient-ils partiaux ?) et les relier à une stratégie plus globale des USA, qui n’a pas beaucoup variée dans le temps.

Officiellement, le débarquement en Normandie « l’opération Neptune », se situe dans une stratégie plus globale  des alliés, qui est celle de « l’opération Overlord ».

Elle avait pour objectif de soulager les troupes de Joseph Vissarionovich Djougtchvili, dit STALINE, en créant un 2èmefront à l’ouest de l’Europe, destiné à affaiblir puis vaincre les troupes hitlériennes.

Si cette opération marque le début de « la reconquête » des territoires occupés par les troupes du 3ème Reich, le véritable tournant de la 2ème guerre mondiale est bien la bataille de Stalingrad.

En effet, la capitulation des troupes allemandes, signée par le général Friedrich Von PAULUS, le 2 février 1943, est le premier revers important d’Hitler. C’était la première fois qu’un maréchal allemand capitulait et était fait prisonnier avec ses troupes (dont 2500 officiers et 24 généraux).

Comment expliquer ce triomphe du mythe de la libération de l’Europe par les américains ?

Les résultats d’un sondage d’opinion réalisé en France par l’IFOP en juin 2004, lors du 60ème anniversaire du débarquement en Normandie, sont particulièrement éclairants.

Ce sondage fait suite à une campagne savamment orchestrée tout au long du printemps 2004, selon laquelle, les soldats américains avaient, du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, sillonné l’Europe « occidentale » pour lui rendre l’indépendance et la liberté que lui avait ravies l’occupant allemand et que menaçait l’avancée de l’armée rouge vers l’Ouest.

Il est vrai que les USA sont maîtres en matière de « désinformation massive », comme l’a démontré récemment, à propos de l’Ukraine (nous y reviendrons plus loin dans ce document), un journaliste de l’édition française du Huffington Post, journal d’information d’origine américaine, difficilement taxable d’anti américanisme..

A la question posée par l’IFOP en juin 2004 : « Quelle est selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne », la réponse est : 58% pour les Etats-Unis et 20% pour l’URSS.                                                                                      Exactement l’inverse du sondage effectué en mai 1945, par le même institut, avec la même question : URSS : 57% et les Etats-Unis :20%.

Les historiens américains Michael SHERRY et Martin SHERWIN l’ont démontré : c’est l’URSS et non le Reich, officiellement désigné comme ennemi « des nations unies », qui était réellement la cible en 1944 et aussi des futures guerres de conquête des USA, bien évidemment, y compris la « guerre froide » :

–   Déclaration du général Henry ARNOLD, chef d’état-major de l’Air, en novembre 1943 :

  • « rien ne pourrait nous conduire à  tolérer des restrictions à notre capacité à faire stationner et opérer l’avion militaire dans et au-dessus de certains territoires sous souveraineté étrangère ».

–   Extraits de rapport du « service Russie » du département d’état du 13 mars 1944 :

  • « L’URSS  appauvrie par la guerre et à l’affût de notre assistance économique […,] un de nos principaux leviers pour orienter une action politique compatible avec nos principes », n’aurait même pas la force d’empiéter sur l’Est de l’Europe bientôt américaine.
  • Ce « levier » financier était, tant à l’Ouest qu’à l’Est, « une des armes les plus efficaces à notre disposition pour influer sur les événements politiques européens dans la direction que nous désirons »

En France, nos différents présidents, de gauche comme de droite, ont toujours eu à cœur de commémorer personnellement le débarquement du 6 juin 1944, sauf…..le général Charles de GAULLE.

En effet, il a toujours refusé d’assister à cette cérémonie et pour cause. Il savait mieux que quiconque, pour l’avoir « vécu de l’intérieur » quels étaient les véritables plans de nos « Zamis Zaméricains ».

Ces quelques extraits du livre d’Alain PEYREFITTE : « C’était de Gaulle » sont édifiants :

–   Ma décision est prise ! La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué d’Alger à Londres, le 4 juin, il m’a fait venir dans un train où il avait établi son quartier général, comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. Et il m’a annoncé le débarquement, sans qu’aucune unité française n’ait été prévue pour y participer.

–   Je lui ai reproché de se mettre aux ordres de Roosevelt, au lieu de lui imposer une volonté européenne

–   Le débarquement du 6 juin, ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s’apprêtaient à le faire en Allemagne.

–   Ils avaient préparé leur « AMGOT » qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l’avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis.

–   C’est exactement ce qui se serait passé si je n’avais pas imposé, oui imposé, mes commissaires de la république, mes préfets, mes sous-préfets, mes comités de libération !

–   Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! Je veux bien que les choses se passent gracieusement, mais ma place n’est pas là !

–   Et puis, ça contribuerait à faire croire que, si nous avons été libérés, nous ne le devons qu’aux américains. Ça reviendrait à tenir la résistance pour nulle et non avenue. Notre défaitisme naturel n’a que trop tendance à adopter ces vues. Il ne faut pas y céder !

Il est ici intéressant de revenir sur des faits très peu relatés par les grands médias. Celui de l’AMGOT.

AMGOT, signifie : Allied  Military Government for Occupied Territories, c’est-à-dire, en bon français : « gouvernement militaire allié pour les territoires occupés ».

–   C’est un plan défini par les États-Unis qui visait à imposer dans les pays « libérés de l’occupant nazi » (Belgique, France, Norvège, Danemark…), un « gouvernement militaire allié » afin d’assurer une transition pour « un retour à la démocratie ».

  • Depuis la 2ème guerre mondiale, les USA nous ont montrés comment ils s’y prennent pour organiser « le retour à la démocratie », que ce soit en Asie ou au Moyen-Orient !!!

–   L’AMGOT est constitué par un corps d’officiers anglo-saxons, préalablement formé à l’administration des affaires civiles dans des écoles spécialisées (principalement à Charlottesville et à Yale). C’est une organisation qui dépend des états-majors alliés.

  • oPour ce faire, L’AMGOT frappera une monnaie d’occupation dans chaque pays où elle doit œuvrer.
  • oQuand L’AMGOT fait imprimer à Washington la « monnaie française » (quarante milliards de « francs »), le Président ROOSEVELT fait supprimer sur les billets la mention : république française, arguant le fait qu’après la guerre personne ne peut préjuger du type de gouvernement qui sera mis en place en France, Roosevelt envisage même un moment le retour de la royauté.

–        Mais le général de Gaulle a pris les devants en créant le conseil national de la résistance (CNR) qui fixe entre autre les bases de la future administration… puis crée le gouvernement provisoire de la république française (GPRF).

  • oCe gouvernement, le 8 juin 1944, apostrophera les Alliés en leur demandant de retirer cette monnaie précisant que ces vignettes n’avaient aucunes valeurs légales.
    • §Les Alliés ont débarqués avec cet argent (qui faisait partie de leur paquetage) et ils l’utilisent.
  • oLes normands auront peu confiance en ces billets qu’ils appelaient « les drôles de dollar ». Ils seront reversés en grande partie au trésor public de Bayeux, qui les acceptera mais ne les remettra pas en circulation.
    • §Le maréchal Bernard MONTGOMERY, dit « Monty » fera la remarque suivante :
      • ·« Qu’est-ce que c’est que cette histoire concernant les billets de banque que nous avons apportés ? On me dit que la population n’en veut pas ? Il faut qu’ils acceptent. Il faut les forcer. C’est du bon argent ; c’est notre argent ».

Ces billets circuleront en France jusqu’en août 1944, quant aux officiers de l’AMGOT, grâce aux actions du général de gaulle, ils ne purent jamais exercer leurs fonctions en France.

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Mais revenons à l’époque actuelle.

Les dirigeants des Etats Unis adoptent une posture internationale de plus en plus agressive

Ils savent parfaitement qu’ils sont en très grand danger sur le plan économique, mais ils préfèrent un effondrement mondial à la disparition du « roi dollar ». Celle-ci est pourtant inexorablement en marche, comme j’ai eu l’occasion de l’expliquer à plusieurs reprises.

Les USA cherchent à recréer un véritable « rideau de fer » en essayant de coaliser dans « leur camp » les anciennes grandes puissances et l’Europe, contre « les pays émergeants ».

S’ils y réussissent, ils gagneront un an ?, cinq ans ? A mon sens, certainement pas plus, au vue de l’accélération du nombre des crises qui, phénomène jamais observé jusqu’alors, se trouvent à leur paroxysme en même temps (exempleactuel de l’Irak et de l’Ukraine).

C’est là une chance historique pour l’Europe, déjà espionnée et infiltrée, (j’y reviens dans un instant), d’être enfin elle-même.

Il est encore temps pour elle de quitter « le navire US » pour se rapprocher des BRICS, de leur immense marché et de leur dynamique d’avenir, faute de quoi, elle n’aura même pas eu le temps d’exister politiquement.

Il est temps pour l’Europe de se poser, honnêtement et objectivement la question :

N’avons-nous pas davantage de racines, d’histoire et d’intérêts, avec la Russie qu’avec les Etats-Unis d’Amérique?

Quelques exemples, malheureusement non exhaustifs, des « Zintentions de nos Zamis Zaméricains » :

L’Ukraine :

–   Nos « Zamis Zaméricains » empêchent l’Ukraine de se rapprocher commercialement de son voisin Russe, en faisant intervenir l’Europe, provoquant ainsi l’éclatement du pays.

  • Wikileaks, le célèbre lanceur d’alerte, nous révèle de nombreux échanges de télégrammes diplomatiques qui montrent clairement que depuis 2006, les Etats-Unis ont mis en place dans les plus hautes sphères du pouvoir, les personnes permettant « le moment venu » d’agir sur la destinée du pays et de « provoquer » le grand voisin Russe.

–   Effets secondaires :

  • Parvenir à tout prix à une l’intervention armée de la Russie en Ukraine pour la diaboliser encore plus aux yeux de l’occident avec l’aimable complicité des médias occidentaux.
  • Affaiblir l’Europe en favorisant l’accord de libre-échange Ukraine/Europe. Objectif atteint le 27 juin dernier. Dans le cadre du traité signé, l’Europe a promis une aide de 11 Mds€ à l’Ukraine.
    • Ce pays est le plus pauvre d’Europe avec un salaire minimal à 100 € par mois (30 % inférieur à celui en Chine). Cet accord de libre-échange sera lourd de conséquences pour l’emploi européen (bien pire que « le plombier polonais » !!!)
  • Inciter l’Europe à signer au plus vite le TTIP (j’y viens ci-après) pour « se protéger » du « méchant Poutine »
  • Déclencher une « guerre du gaz » Russe, au détriment de l’Europe et proposer ainsi à celle-ci son gaz de schiste, vendu évidemment en dollars. Ce « miraculeux » gaz de schiste !!!
    • En 2011, la société Intek publiait une étude démontrant que le sol californien regorgeait de gaz de schiste en abondance. Avec 15,4 milliards de barils, le site de Monterey représentait 64% des ressources américaines en pétrole de schiste.
    • §Hélas pour la Californie, l’EIA (Energy Information Administration) vient, le mois dernier, de diminuer les estimations faites en 2011, de 96%. Rien que ça !!!
    • Pire, les nouvelles recherches publiées le mois dernier ont démontré que les émissions de méthane (gaz dangereux pour l’environnement) étaient quant à elles sous-estimées de 100 à 1 000 fois. Et nos « zélites » françaises qui diabolisent les opposants à cette « énergie du futur » !!!

Pour bien comprendre ce qui se passe réellement en Ukraine, je vous recommande la lecture de l’excellent billet réalisé récemment par Olivier BERRUYER. C’est long, mais précis et très bien documenté.

Les traités de libre-échange : TTIP pour l’Europe et TTP pour l’Asie :

–   Pourquoi nos « Zamis Zaméricains » sont-ils si pressés, malgré la montée des protestations, que l’Europe et l’Asie signent ces traités dont les grands médias ont à peine parlé? Il s’agit d’instaurer des zones de libre-échange UE/USA et Asie/USA dont les règles seront dictées par les grandes firmes américaines. L’objectif est simple : placer le monde politique sous la tutelle de l’économie par le biais du commerce (comme si la mise sous tutelle de ces mêmes politiques par la finance ne suffisait pas).

–   Infiltration ? Vous connaissez certainement Catherine Ashton : la haute représentante de l’union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la commission européenne.

  • Pour faire court, la ministre des affaires étrangère de l’Europe. Sujet britannique, elle ne parle aucune langue étrangère couramment !!!

–   Mais connaissez-vous David O’Sullivan ? C’est le directeur général administratif du service européen pour l’action extérieure (SEAE).

–   Une étude fouillée du GEAB n° 83 (15 mars 2014) nous apprend qui est ce Monsieur, qui, avec Catherine Ashton, « surveille de près » non seulement les négociations de l’accord de libre-échange Ukraine/UE mais aussi celles du TTIP. La boucle est bouclée !!!

–   Vous avez dits infiltration ? Que penser aussi du remplacement d’Emmanuel MACRON, conseiller économique et financier à l’Elysée, par Laurence BOONE, prévu pour le 15 juillet prochain? Même la gauche s’en inquiète. C’est peu dire.

  • Economiste française, elle a débuté sa carrière en tant qu’analyste chez Merrill Lynch asset management. En 2004, elle a rejoint Barclays Capital France en tant que chef-économiste. Depuis 2011, elle est Managing Director et chef économiste Europe de Bank of América Merrill Lynch Global Research. Le profil idéal pour conseiller le président dont « l’ennemi est la finance », non ?

Et tant d’autres…

–   La récente condamnation à une « amende record » contre la BNP,

–   La mise en place depuis janvier 2013 de la « Loi FACTA »,

–   Le « scandale » de la décision de la cour suprême des Etats-Unis relative au différend opposant des fonds vautour à l’Argentine…

A propos de « l’affaire BNP », comme le rappelait le 23 mai dernier Christian NOYER, gouverneur de la banque de France :

–   toute opération faite en dollar doit être conforme à la réglementation américaine même si elle est menée par une structure qui n’est pas américaine,

–   toutes les transactions incriminées ont été déclarées conformes aux droits français et européens et compatibles avec les règles de l’ONU,

–   l’extraterritorialité inscrite dans le Foreign Corruption Practices Act de 1977 est interprétée de façon très large

  • il suffit d’un courriel adressé via Gmail pour qu’elle s’applique

Nos « Zamis Zaméricains » considèrent, en tant que « première puissance du monde » que telle loi qui protège leurs intérêts, doit s’appliquer, non seulement aux Etats-Unis, mais aussi dans le monde entier !!!

Vous avez dit démocratie ?

Les convictions des autres n’affectent ma vie qu’à partir du moment où je les fais miennes.

(Richard BACH)